La stérilisation des animaux

Bien que le contrôle des populations animales par la stérilisation soit une nécessité, cette intervention n’a aucun impact sur le nombre d’abandons et d’animaux errants. Au contraire…

Ces problèmes sont essentiellement un avatar du consumérisme et de la promotion très agressive d’une industrie peu scrupuleuse, notamment des vétérinaires, des zoothérapeutes - et cela semble saugrenu a priori - des sociétés humanitaires et de certains activistes zoophiles qui véhiculent des notions erronées sur l'intelligence des animaux et la nature de la relation homme-animal (voir pseudoscience et obscurantisme).

Par exemple : «Les animaux et plus particulièrement le chien (ce candidat [si c] à l’humanité!) ont une formidable valeur thérapeutique individuelle et collective» écrit François Lubrina dans sa chronique du 09 mars 2002, intitulée Aimer un animal serait-il le huitième péché capital ?; «Vivre sans un animal? Vous n’y pensez pas ! Un animal, c‘est indispensable ! En leur compagnie, tous les jours, les gens esseulés retrouvent un peu de vie, de joie et d’affection. Les animaux sont bons pour nous» affirme dans son dépliant promotionnel Zoothérapie Québec, un groupe de vétérinaires et de psychologues spécialisés. «Cette relation est saine» déclare Christiane Gagnon la présidente de l’Ordre des Médecins Vétérinaires du Québec (OMVQ).

Résultat : les animaux sont désormais perçus comme «une solution à de nombreux problèmes de société, une solution qu’il faudrait inventer si elle n’existait pas» affirme Michel Pépin, de l’Académie de Médecine Vétérinaire du Québec. Il y a aujourd’hui au Québec plus de 2 millions de chiens et de chats et un nombre équivalent d’animaux exotiques (les Nouveaux Animaux de Compagnie ou NAC). En occident, 1 personne sur 2, possède désormais au moins 1 animal.

Or, les animaux sont certes magiques et à leur contact nous ressentons souvent de bons sentiments mais de là à penser qu'ils peuvent régler nos problèmes de société, que cette relation est saine et bénéfique pour les individus, les animaux et la collectivité en général, il y a tout un pas à franchir. Il est évident qu’il ne s’agit là que d’un palliatif.

La question que devrait se poser notre société n’est pas «Pourquoi les animaux nous font-ils du bien ?» mais bien «Pourquoi avons-nous tant besoin d’eux?»

En fait, si les animaux ont «une formidable valeur thérapeutique individuelle et collective », il n’y a pas une seule étude scientifique digne de ce nom pour le démontrer. En effet, sur plus de 1000 «études» révisées par l’épidémiologiste américain, le Dr David T. Allen, aucune ne compare la magnitude des effets des cas cités avec un groupe témoin ou avec le public en général. Selon le Dr Allen, les conclusions sur les bienfaits des animaux s’appuient uniquement sur des études» descriptives et sur des opinions anecdotiques; elles sont par conséquent à ranger dans une catégorie complètement en bas de l’échelle des critères de validité scientifique. Pseudoscience est le mot juste.

La stérilisation est un traitement pour la fièvre et non pour la maladie. Paradoxalement, la stérilisation fait partie d’un mécanisme social dont la fonction non-avouée est de cautionner la consommation en soulageant et en adoucissant les sentiments de culpabilité qui pourraient l’accompagner. En accomplissant son devoir, en faisant stériliser son animal et en adoptant un animal «usagé» dans un «refuge», en faisant du «recyclage», le consommateur a l’impression trompeuse d’avoir fait sa part. Il peut ensuite céder à son plaisir, la conscience en paix.

C’est la même problématique que pour le recyclage des déchets domestiques. En trente ans, nous sommes passés d’un taux de recyclage de 7 % à 28 %. Aux Etats-Unis par exemple, entre 1970 et 1994, le taux de recyclage du papier est passé de 15 % (6 millions de tonnes) à 35 % (28 millions de tonnes). A priori, cela semble extraordinaire. N’est-ce pas ? Où est le problème me direz-vous ? Il est dans ce qu’on ne nous dit pas. Dans la même période, on a jeté 14.7 millions de tonnes de papier de plus qu’en 1970…

Autrement dit, la défense des animaux, la stérilisation et le recyclage des animaux, c’est comme aller à l’église tous les dimanches pour mieux pécher pendant le reste de la semaine ; c’est une forme de sentimentalisme, c’est-à-dire, une façon de continuer à aimer les animaux sans avoir à en payer le prix : arrêter de les consommer et ne plus les exploiter pour son seul plaisir et son seul confort. En fait, mine de rien, la stérilisation – ainsi que les autres formes d’affection que nous prodiguons aux animaux - contribue vicieusement au problème qu’elle est censée prévenir. Entre-temps, la maladie du consumérisme ne fait que s’aggraver.

Il faut dire aussi que la stérilisation sert bien les besoins du maître qu‘indispose une sexualité beaucoup trop manifeste. Cette mutilation facilite le contrôle des animaux en éliminant les comportements naturels qui dérangent. Les odeurs de l’urine, l’agressivité des bêtes non castrées, leur besoin inné d‘explorer le territoire ne sont pas compatibles avec la vie en société. La masturbation des animaux qui s’ennuient et de ceux qui cherchent à s’accoupler avec leur maître, les saignements de la chienne en chaleur, les continuelles vocalises de la chatte en chaleur incommodent le maître qui, avec la bénédiction et l‘aide du vétérinaire, choisit de transformer son enfant en une «forme» plus civilisée.

Curieusement, ces faits sont ignorés par les vétérinaires, les activistes zoophiles et les sociétés humanitaires qui étudient le problème des abandons et de l’euthanasie souvent avec l’aide financière des fabricants de vaccins et de moulée pour animaux. Et c’est facile à comprendre car des retombées économiques et psychologiques relativement importantes sont directement associées à la stérilisation, au recyclage, au contrôle des populations et à la défense des animaux.

 

 

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