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L'ogre social Sujet : animaux exotiques, taxidermie, cannibalisme, ogre social, changements climatiques, biodiversité, Al Gore, Divine Comédie, schizophrénie, chiens, chiens bibelots, végétarisme, végétalisme, végétarien, végétarienne, zoophilie, animalitaire, défense des animaux, éthique, zoothérapie.
Madame, Monsieur,
Je vous ai déjà exprimé mon désaccord à propos de la vente d’animaux exotiques empaillés dans votre magasin de location de films vidéos, notamment des chauve-souris frugivores, des lézards et des papillons. Vous m’avez répondu d’un air entendu que vous faisiez de l’argent avec ce commerce.
À la rigueur, exploiter des animaux pour faire ripaille, se pavoiser ou se câliner, passe encore, puisque s'abstenir est si contrariant, mais élever des animaux, les tuer puis les empailler et les encadrer pour les accrocher au mur et faire ¨beau¨ est aussi capricieux que nuisible.
Que ce soit des animaux me dérange moins que la gratuité et la banalité du geste.
Qu'il y est un tel engouement pour l'horreur en 3D ne lui donne pas davantage de légitimité que le commerce de la drogue ou la pédophilie.
À l’heure du réchauffement climatique, de la destruction des écosystèmes et d’une perte de biodiversité problématique pour notre espèce - et plus précisément pour vos propres enfants si vous en avez, car ce sont eux, qui devront payer les pots cassés - il est troublant de constater qu’une telle attitude soit encore si répandue même dans les couches sociales les mieux éduquées et les plus fortunées.
Or, entretenir et gaver ses enfants - car c'est bien d'eux dont il est question au bout du compte - de valeurs aussi létales sans égard pour leurs intérêts et leur futur est de l’ordre du cannibalisme pur et simple. Trop occupé à se remplir la panse, l‘ogre social est insouciant, voire inconscient, mais mine de rien, ce sont de ces petits gestes anodins que se nourrissent les comportements les plus funestes, précisément ceux qui nous donnent présentement le plus de fil à retordre. Nos problèmes sociaux, climatiques, écologiques et géopolitiques sont un sous-produit non anticipé de cette fixation mortelle pour la chair familiale.
Notre espèce serait-elle devenue complètement folle à force de dévorer les siens?
Il faut être fichtrement appauvri par la culture pour ne pas voir que la nature est en train de faire une indigestion suraiguë que les quotas de carbone et autres aspirines comme des lois plus strictes ne feront qu'aggraver tant que la cause profonde sera occultée. Au lieu de donner aux enfants - la seule chance de salut pour notre espèce - les outils qui les aideraient à penser autrement et se sortir de l’impasse où nous les avons acculés, ils sont endoctrinés, voire abrutis, dès le plus jeune âge pour en faire des proies faciles pour le monstre collectif qui s’en repaît.
Aucun parent véritablement concerné mettrait ainsi en pâtures ses propres descendants.
M. Al Gore a bon dos. À moins que chacun y mette du sien dans sa propre économie interne, à moins que les générations présentes et futures soint éduquées différemment, j’ai bien peur que son prix Nobel soit une forme de sentimentalisme où l’enjeu est moins le changement que l’espoir du changement avec la sensation de bien-être qu’il procure à petit prix. br>
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